Kinshasa – Ndjili Cecomaf : le site agropastoral servant aux cultures maraîchères sous menace de spoliation

Au Cecomaf dans la commune de Ndjili à Kinshasa, les champs qui nourrissent des familles menacés par de nouvelles spoliations.

Ici, les échos de spoliations résonnent comme une explosion atomique dans les oreilles des maraîchers qui, malgré tout, continuent de semer avec l’angoisse du lendemain.

L’après-midi est mouvementé dans plusieurs parcelles, où hommes et femmes sont très occupés à arroser leurs cultures. La verdure n’est pas une denrée rare sur ce site. À chaque espace visible, des plantes germent et s’élèvent.

Les agriculteurs cultivent un peu de tout. « Ici, nous cultivons toutes sortes de plantes, mais selon les saisons », explique Jeanpy, la trentaine, une bêche à la main et les pieds enfouis dans la boue.

En s’approchant davantage des parcelles où poussent les aubergines, la méfiance des cultivateurs se fait sentir. « Papa, tu vas où avec tes caméras, tu veux nous filmer pourquoi ? », lance une femme au milieu de son champ d’aubergines et de légumes.

Après discussion et explication sur le fait que je ne suis pas là pour vérifier des terrains à vendre mais pour réaliser un reportage, la tension retombe légèrement.

« Ici, nous n’avons plus confiance en personne. Nous sommes constamment menacés par des Chinois qui veulent nous chasser pour construire des maisons », confient-ils avec beaucoup de regrets.

Depuis 2012, des soupçons de spoliation pèsent sur le site agropastoral du CECOMAF. C’est à la même période que des inquiétudes similaires planaient sur le site de la pépinière de Bandalungwa, aujourd’hui complètement spolié.

La peur générée par cette situation est palpable sur le terrain. Malgré ces menaces, hommes et femmes continuent de labourer la terre. Les champs produisent diverses cultures maraîchères, notamment le « ndunda » , le ngaï-ngaï, le « matembele« , les aubergines, les tomates et les concombres. L’ensemble du site s’étend sur plus de deux kilomètres, sele

Dans ce vaste espace agricole, de nombreux jeunes Kinois âgés de dix-sept à quarante ans travaillent chaque jour, déconstruisant ainsi le stéréotype selon lequel les jeunes ne voudraient pas travailler aux champs.

Plusieurs d’entre eux se louent comme main-d’œuvre et restent disponibles pour les travaux agricoles.

À une centaine de mètres de là, un petit marché a été aménagé. On y vend presque exclusivement des légumes fraîchement récoltés dans ces champs, à des prix relativement abordables.

Reportage de Jérémie Bendi Rodrick

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