Dans une correspondance du 29 janvier 2026 adressée au vice-Premier ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, l’ONG de défense et de promotion de la liberté de presse,
l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA) l’a exhorté à intervenir personnellement en vue d’obtenir la liberation de Thomson Undji, journaliste à la Radio le Messager du peuple (RMP) incarcéré depuis plusieurs jours à Baraka sur ordre du général autoproclamé Yakutumba. « OLPA sollicite votre intervention personnelle en vue d’obtenir la relaxation de Thomson Undji, journaliste à la Radio le Messager du peuple (RMP), station émettant à Uvira, à 125 kms de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC)« , a écrit cette organisation dans cette lettre.
Selon l’OLPA, le journaliste a été interpellé, le 21 janvier 2026, par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) à Baraka, sur ordre du général autoproclamé Amuri Yakutumba, alors qu’il était en plein exercice de son travail à Makobola.
Et de préciser que ce professionnel des médias a été immédiatement jeté au cachot de police comme un malfrat.
A l’en croire, le journaliste Undji a été accusé d’avoir accordé une interview en direct sur les antennes de RMP, le 10 décembre 2025, à Willy Ngoma, porte-parole du mouvement rebelle AFC/M23 (Alliance fleuve du Congo/Mouvement du 23 mars) et à d’autres cadres de la rébellion, peu après la chute de la ville d’Uvira. Le journaliste est inculpé de collaboration avec l’ennemi.
Pour l’OLPA, cette accusation ne repose sur aucun fondement juridique et, la détention du journaliste dans les conditions inhumaines ne se justifie pas. Ce qui conduit l’ONG à solliciter du vice-Premier ministre Shabani d’instruire les services de police à relaxer le journaliste et à assurer sa protection pendant cette période du rétablissement de l’autorité de l’Etat dans cette partie du Sud-Kivu.
Un journaliste libéré à Tanganyika
Dans un communiqué précédant, l’OLPA avait pris acte de la libération de M. Isidore Kashulwe, journaliste basé à Moba, à 335 kms de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, dans le sud-est du pays.
Le journaliste, selon l’OLPA, a été relaxé le 22 janvier 2026, après 14 jours de détention à la prison centrale de Moba, et paiement d’une caution de 625 000 francs congolais (équivalent d’environ 284 dollars américains).
l’OLP A a rappelé qu’Isidore Kashulwe a été interpellé, le 8 janvier 2026, par un officier supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Moba. « Il a été conduit au bureau de la Police nationale congolaise (PNC/Moba) où il a été auditionné par un officier de police judiciaire sur la diffusion d’une information présumée fausse. Le journaliste a été placé au cachot de la police, avant d’être transféré le 9 janvier 2025, au parquet près le tribunal de paix de Moba où il a été inculpé pour “faux bruit” à la suite d’une plainte du Conseil territorial de sécurité. Accusation consécutive à la diffusion, le 1er janvier 2026, sur plusieurs médias locaux et réseaux sociaux, d’une information relative à un drame survenu dans la cité de Kirungu à Moba. Un militaire a tiré à balle réelle sur une résidante de Kirungu« , a expliqué l’OLPA, notant qu’il a été reproché au journaliste d’avoir cité dans son reportage un militaire des FARDC comme auteur des tirs, alors qu’il s’agirait d’un militaire en état d’ebrieté qui aurait commis cet acte.
« Après cette audition au parquet, Isidore Kashulwe a été placé en détention à la prison de Moba jusqu’à sa relaxation« , avait expliqué l’organisation, qui avait condamné avec fermeté la procédure cavalière ayant conduit à l’incarcération du journaliste laquelle est, selon l’ONG, constitutive d’atteinte à la liberté de presse garantie par la loi congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
LDM

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