
La question d’occupation des servitudes servant de passage des lignes haute tension de la Société nationale d’électricité (Snel SA) se pose avec acuité. Les servitudes et autres emprises de l’opérateur national de l’énergie électrique sont illégalement occupés, et spoliés à travers le pays, en dépit du niveau de dangérosité extrême de ces espaces d’exploitation éléctrique.
Selon Expobeton-newsletter.net, il est crucial de rappeler, dans un contexte d’urbanisation rapide et souvant non planifiée, les règles de base qui régissent les distances minimales de sécurité (appelés servitudes) autour des grandes infrastrctures. Ces zones de protection, souvent négligées, sont pourtant essentielles à la sécurité publique, à la durabilité des ouvrages et à la prévention des catastrophes.

Ainsi, les lignes électriques à haute et très haute tension nécessitent des distances de sécurité strictes : de 5 à 10 mètres pour les lignes de moyenne tension (20-60 kV) ; de 20 à 30 mètres pour les lignes de haute tension (110-220 kV), et jusqu’à 60 mètres pou rles linges de très haute tension (>400 kV). « Aucune construction, ni habitation, ni activité agricole haute, ne doit être installée dans ces zones de servitude. Les risques d’électrocution, d’incendie ou d’interférences électromagnétiques sont réels », prévient-on.

L’on se souvient encore du drame survenu le 2 février 2022 à Matadi Kibala dans la périphérie ouest de Kinshasa où 26 personnes avaient perdu la vie, électrocutées à la suite de la coupure d’un câble électrique à haute tension de la Snel alors qu’une grosse pluie s’abattait sur la capitale rd-congolaise. Clairement, le marché de Matadi Kibala ne devrait pas être tenu en dessous des pylônes d’appui des câbles électriques. Déplorant les morts, la Snel avait rappelé qu’elle avait toujours dénoncé l’occupation anarchique de ses servitudes en se fondant sur l’arrêté interministériel N°0021 du 29 octobre 1993 portant respect des servitudes de la Snel et qui détermine le nombre de mètres à respecter de part et d’autre d’une ligne de haute tension.

Le respect de ces distances de sécurité concernent également les lits de rivières, les cours d’eau et canaux, ainsi que les routes et voiries, afin d’éviter des inondations, et permettre les futurs élargissements des artères. Ces normes, à intégrer dès la conception de tout projet, sont une assurance contre les sinistres, les litiges et les surcoûts d’aménagement futur dans un pays en pleine croissance urbaine. Urbanistes, promoteurs, chefs coutumiers et citoyens doivent s’approprier ces règles, car bâtir dans l’ordre, c’est garantir la résilience et la durabilité de nos villes.
Congo365.cd

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