Pacte pour un Congo retrouvé : Kamerhe en véritable animal politique…

Alors qu’une nouvelle configuration politique se met en place au pays, Vital Kamerhe prend dès lors le taureau par les cornes, afin de conforter sa présence parmi les animateurs de cette cinquième législature. Certes, il déclare publiquement ne pas être demandeur du poste de Premier Ministre, poste qu’il devrait pourtant occuper selon les termes de l’accord de Nairobi entre lui et le Président Félix Tshisekedi lors du premier mandat de ce dernier, ni de président de l’Assemblée nationale, poste assumé sous l’ancien président Joseph Kabila. Mais en véritable animal politique et visionnaire, VK se projette déjà dans le futur en se constituant, pour ce faire, une base politique institutionnelle. On ne peut pas interdire à un homme politique de sa trempe d’avoir des ambitions. C’est donc en toute légitimité et légalité que VK s’affiche avec le Pcr, influente plateforme politique du Pouvoir dans un avenir proche.

Pacte pour un Congo retrouvé (Pcr), c’est une nouvelle plateforme politique, une initiative de Vital Kamerhe, avec en son sein des regroupements politiques, notamment sa plateforme Alliance des alliés de l’Union pour la nation (A/A-Unc), l’Alliance des acteurs attachés au peuple AAAP de Tony Kanku Shiku, cousin du président de la République Félix Tshisekedi, l’Alliance Bloc-50 (A/B50) de Julien Paluku et la Coalition des démocrates (Code) de Jean Lucien Busa.

Cette nouvelle structure politique de Vital Kamerhe, créée dans le méga-ensemble politique Union sacrée de la nation (Usn), défraie la chronique, suscitant moult réactions dans l’univers politique du pays. Et l’initiateur s’exprime à la presse à ce sujet : « Le Président a été réélu avec une majorité écrasante, ça coïncidait aussi avec une majorité écrasante au niveau de la députation nationale et provinciale. Nous connaissons bien la vision du Président de la République. Nous savons qu’il veut faire que ce pays soit fort et prospère de l’Afrique pour que les Congolaises et Congolais puissent retrouver le sourire. Et nous nous sommes dit, puisque nous sommes plus de 450 députés nationaux et des milliers des députés provinciaux, plus de 500 députés, est-ce que nous allons évoluer sans créer la cohésion au sein de la grande famille que nous appelons l’Union sacrée de nation ? ».

Et il argue : « Ce pacte, c’est pour renforcer la cohésion au sein de l’Union sacrée. Ramener la discipline pour que tous, nous sachions que nous n’avons plus droit à l’erreur. Le Président de la République ayant reçu la légitimité à l’issue des élections, il a désormais, nous l’avons vu à la suite de la prestation de serment, la légitimité populaire. Nous devons donc faire en sorte que nous n’épargnons aucun effort pour que les idées du Président se transforment en actions pour ainsi répondre aux besoins de notre population ». Enfin, VK rassure par rapport aux malentendus : « Nous n’avons pas parlé partage de pouvoir, que les esprits qui sont troublés en ce moment se calment. C’est la cohésion, c’est la passion du Congo, c’est l’obsession d’accompagner le Président de la République pour la réussite de son pari ». Et la sortie du Pcr pousse à la redistribution des cartes, à la formation d’autres regroupements politiques.

Pacificateur, rassembleur…

Comme souvent, les mauvaises langues ne tardent pas à indexer VK, et stigmatiser son initiative, la qualifiant d’une « agitation ». Mais c’est mal connaitre l’homme, toujours habile à se soustraire des polémiques et querelles politiciennes, étant à même d’ouvrir avec hardiesse les portes, même les plus imperméables, lui qui peut, sans éveiller des critiques, voir le président Paul Kagame considéré l’ennemi du pays, ou encore entrer sans problème dans la cour de Moise Katumbi pris comme l’adversaire politique phare du président Tshisekedi, justifiant son surnom de « pacificateur jusqu’au bout » ; il a déjà eu à œuvrer pour la paix lorsqu’il fut en début 2001, commissaire général du Gouvernement chargé de suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs.

VK a toujours été une sorte de passerelle politique, un rassembleur, adulé pour son humanisme par toutes les personnes qui ont travaillé avec lui durant sa longue et riche carrière politico-administrative. Même les mailles de la Justice ne lui résistent pas. « … On a injustement sali le programme de 100 jours parce qu’on voulait viser un individu, Vital Kamerhe, lui régler des comptes… J’étais convaincu que Vital Kamerhe jouera un rôle important dans ce pays… Je menais ma petite enquête aussi en parallèle, parce qu’il clamait son innocence, et je me rends compte que tout ce qu’on dit n’est pas vrai ! J’étais convaincu qu’il triompherait lors du procès… c’est sa tête qu’on visait… N’eut été ce scandale inventé contre Vital Kamerhe, le programme de 100 jours serait peut-être terminé, car il y a 83% des réalisations de ce programme », a déclaré sur Top Congo pendant la campagne électorale le président Félix Tshisekedi à propos de VK par rapport au programme de 100 jours dont le scandale a entamé la réputation de l’ancien directeur de cabinet du président de la République.

Et VK est sorti fort, aguerri et surtout ragaillardi de la prison centrale de Makala de Kinshasa, après ce scandale, et surtout, totalement lavé de toute accusation. C’est ainsi qu’il est tranquillement élu député national à Bukavu, dans le Sud-Kivu. Alors que les militants de certains groupes politiques essaient de faire du brouhaha à son encontre, le lundi 2 janvier 2024 à la première plénière de l’Assemblée nationale, le personnel de l’administration de la chambre basse du Parlement n’a jamais oublié le passage mémorable de cet homme d’Etat au perchoir de l’Assemblée nationale 15 ans auparavant. « Vital Kamerhe, yo nde ! okotikala awa oyo nde ndaku na yo, zongela kiti na yo, le pacificateur, VK le meilleur… », scandent les agents administratifs de l’Assemblée nationale, avec des cris de joie, à son apparition. Et lui de réagir fièrement : « Ça, c’est le peuple qui a parlé, ces agents quand j’ai géré l’Assemblée nationale, ils savent que j’avais multiplié leur salaire par 10, tous les directeurs étaient véhiculés et le secrétaire général. Je viens de le faire aussi au ministère de l’Economie. Je l’ai fait partout où je suis passé. Je travaille pour le peuple… ».

Aux mécontents, il rétorque : « Maintenant que je suis élu député national, je vais défendre la voix du peuple, les desideratas du peuple. Je ne réponds pas aux provocations de réseaux sociaux parce que ma conscience est tranquille. A tous ces gens-là, je donne l’amour, je les aime. Mais, ils doivent savoir que les postes de Premier ministre et du présidente l’Assemblée nationale sont à la discrétion du Président de la République. Et je ne suis candidat à rien du tout ». L’homme n’a donc pas encore fini ses conquêtes politiques.

Martin Enyimo

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