Notant que la Nation congolaise est en péril, le président national du parti Conservateurs de la nature et démocrates appelle à l’unité et au respect des procédures, face à ceux qui soutiennent le changement ou la modification de la loi fondamentale de 2006 et ceux qui s’opposent à cette initiative.
Face au débat constitutionnel qui fait l’actualité en République démocratique du Congo (RDC), Moïse Moni Della Idi, président national du parti Conservateurs de la nature et démocrates (Conade) a plaidé pour l’unité de la nation et le respect des règles légales, estimant que si changement de la constitution doit y avoir, cela doit obligatoirement passer par la volonté du peuple souverain. Le président de Conade a conseillé une politique « fondée sur les valeurs de la nation » et non sur « les connivences et les convenances ».
« La nation est sacrée. Aujourd’hui, la nation nous impose une ligne de conduite: on ne peut pas faire la politique de connivence ou de convenance. On doit faire la politique de conscience fondée sur les valeurs patriotiques. Aujourd’hui, la nation est en péril, Il faut donc choisir une position qui met la nation congolaise en exergue« , a-t-il déclaré lors d’une prise de parole dont l’extrait circule depuis le matin du 28 mai 2026.
M. Moise Moni Della s’adressant ainsi au groupe « C64 », opposé au groupe « C4 », a proposé le « CN« , le Camp de la nation, qu’il présente comme les défenseurs de la cohésion nationale.
Inopportunité des élections et de la modification de la constitution
« Si il y a modification de la Constitution dans les conditions actuelles, le pays sera dépecé. Lumumba avait parlé de la balkanisation et Kabila, de la soudanisation. Mais, nous au Conade, nous parlons de la Yougoslavisation du pays« , a alerté Moïse Moni Della, indiquant que dans ces conditions, ceux qui sont dans les territoires occupés ne vont pas se reconnaître dans cette initiative.
Aussi, pour Moni Della, aller aux élections à l’heure actuelle, dans les conditions que sont celles de la RDC, c’est également exposer le pays au même mal.
« Il faut donc une voie médiane, la voie de la raison« , a-t-il préconisé.
« Il faut aller à un dialogue, pour rassurer les uns et les autres, un dialogue qui va nous amener à marcher ensemble. Voilà, mon discours, c’est le dialogue, l’inclusivité », a-t-il insisté.
Dans son intervention, le président national de Conade a, par ailleurs, souligné qu’une Constitution n’est pas « le Coran ni la Bible ». A l’en croire, dans cette optique, la loi fondamentale peut donc être modifiée, mais « selon les règles » et « les formes » prévues.
M. Moni Della a dénoncé les divisions politiques et les débats partisans autour du mandat présidentiel, citant notamment les positions exprimées à Goma. Ce qui l’a conduit à préconiser un dialogue inclusif associant Musulmans, Kimbanguistes, protestants, Catholiques, les salutistes, les Eglises de réveil et toutes les composantes de la société. Mais, il a également estimé que sans « le regard de la communauté internationale », l’organisation d’un tel processus serait « difficile ».
Le débat sur une éventuelle révision ou changement de la Constitution congolaise de 2006 s’intensifie depuis plusieurs mois, notamment autour de l’article 64 relatif à la résistance à la tyrannie. Aucune procédure officielle de révision n’a été lancée à ce jour. Mais, les voix pour et contre cette initiative se font entendre depuis plusieurs mois déjà et beaucoup associent cette initiative à la volonté, pour les partisans de Felix Tshisekedi, de vouloir lui octroyer un autre mandat, le troisième, alors que la construction actuelle le limite à deux.
LDM

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