Projets pétroliers transfrontaliers dans le Graben Albertin : des ONG interpellent Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni

Ces organisations de la Société civile ont écrit une lettre ouverte aux deux présidents de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda, dans laquelle elles leur ont exprimé leurs préoccupations urgentes sur ces projets transfrontaliers et les ont appelés à une transparence totale en vue de permettre à l’opinion, principalement aux populations impactées et les structures qui les accompagnent, d’être informées sur lesdits projets.

Dans une conférence de presse tenue conjointement le 2 juillet 2026 en RDC, dans les locaux de la Coalition des organisations pour le suivi des réformes et d’action publique (Corap), à Kinshasa, et en Ouganda, la plate-forme d’ONG Notre terre sans pétrole (NTSP) a exprimé la position de ses organisation membres, par rapport aux projets pétroliers transfrontaliers dans le Graben Albertin et la région du lac Albert dont les discussions sont menées par l’Ouganda et la RDC. Ces dernières, relevant les conséquences néfastes des précédents projets sur l’environnement et la survie des populations impactées, se sont dites très préoccupées par ces projets que les deux pays frontaliers décident de mener ensemble.

Dans cette lettre ouverte aux deux présidents de la République, signée par soixante -cinq ONG membres des coalitions NTSP et Stop EACOP à travers le monde, et rendue publique lors de cette conférence de presse en présentielle et en ligne, ces organisation ont relevé des critiques importantes et des préoccupations documentées sur les précédents projets pétroliers Tilenga, Kingfisher et EACOP concernant des violations des droits de l’homme, des déplacements forcés, des pertes des moyens de subsistance ainsi que des risques majeurs pour les ressources en eau et les écosystèmes dans la région des Grands Lacs.

« Les communautés vivant autour du lac Albert et de la rivière Semliki dépendent directement de es écosystèmes pour leur survie, leurs activités de pêche et leur sécurité alimentaire. Le lac Albert constitue également un élément essentiel du bassin du Nil ; ce qui confère à cette région une importance stratégique pour les ressources hydriques régionales et l’équilibre écologique », ont averti ces organisations.

La transparence des accords RDC-Ouganda exigée

Pour ces ONG, en effet, dans ce contexte, toute avancée vers une expansion pétrolière transfrontalière sans transparence, sans débat public et sans consultation effective des communautés concernées constituerait une menace sérieuse pour les droits des populations locales et pour la protection des écosystèmes partagés. Pour ces organisations, en effet, les citoyens de la RDC et de l’Ouganda ont le droit de connaitre les engagements pris en leur nom, de participer aux décisions susceptibles d’affecter leur avenir et de s’opposer aux initiatives qui menacent leurs droits, leur environnement ou leurs moyens de subsistance.

« Le développement d’un pays ne peut pas se faire dans le tâtonnement. S’ils n’ont rien à cacher, ils sont appelés à appliquer la transparence et de rendre publics ces accords signés entre la RDC et l’Ouganda », a indiqué Pascal Mirindi, le coordonnateur de la Coalition NTSP, qui a appelé particulièrement le gouvernement congolais à la responsabilité et au respect des textes en la matière. « Arrêtez ces négociations, au nom de la souveraineté », ont également lancé Pascal Mirindi et Serge Ngimbi, de l’Initiative pour le développement local (Idel).

Ces ONG ont également fait savoir que les ressources naturelles de la région des Grands Lacs ne peuvent être gérées derrière des portes closes ni au détriment des communautés qui vivent depuis des générations de ces territoires et de ces eaux.

Face aux préoccupations relevées, elles ont carrément appelé les gouvernements de deux pays à renoncer à tout projet d’expansion ou de développement de nouvelles activités pétrolières dans le Graben Albertin et les écosystèmes frontaliers du lac Albert, du lac Edouard et de la rivière Semliki ; à rendre public dans leur intégralité tous les accords signés entre la RDC et l’Ouganda lors de la dernière session tenue à Kampala afin de garantir le droit des citoyens à l’information et à la transparence ; et à clarifier publiquement la nature, la portée et les implications des discussions en cours concernant le développement le développement pétrolier dans le Graben Albertin.

Ces ONG ont également dit attendre de deux gouvernements, de garantir des consultations effectives, inclusives et transparentes avec les communautés concernées avant toute décision relative aux ressources naturelles transfrontalières, de publier des évaluations indépendantes d’impacts environnementaux, sociaux et climatiques des projets pétroliers existants ainsi que de toute expansion envisagée, et les rendre accessibles au public ; et d’assurer la protection des écosystèmes fragiles du lac Albert, du lac Edouard, de la rivière Semliki et du Parc national des Virunga.

Ces organisations ont, par ailleurs, dit encourager les deux gouvernements à privilégier des approches qui renforceront les moyens de subsistance des populations, protègent les écosystèmes aquatiques partagés, soutiennent une gestion durable de la pêche et favorisent des solutions énergétiques répondant aux besoins des populations sans compromettre l’intégrité écologique du Graben Albertin.

LDM

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