La récente controverse autour des déclarations de l’ambassadeur rwandais aux États‑Unis et les réponses de Monseigneur Nshole, porte‑parole de la CENCO, met en lumière un point crucial : la confusion entre la nécessité d’un dialogue interne et la reconnaissance d’une agression étrangère multidécadale.
Depuis le milieu des années 1990, la RDC a subi des millions de morts et des millions de déplacés internes à cause de conflits successifs où l’implication d’acteurs étrangers, notamment le Rwanda via le M23, a été documentée par l’ONU et des ONG internationales comme Human Rights Watch.
Malgré cette réalité, certains discours tentent de présenter ces interventions comme de simples « mesures défensives » ou redéfinissent le rôle des groupes armés locaux dans une perspective de dialogue inclusif. Ce glissement sémantique relativise la gravité de l’agression et envoie un signal dangereux : que la collaboration avec une puissance étrangère et l’usage de la violence peuvent être récompensés politiquement.
Il est impératif de distinguer deux niveaux de contradiction ; contradiction principale : l’agression rwandaise contre la souveraineté congolaise, qui a causé un désastre humanitaire sur plusieurs décennies, et contradiction secondaire : les débats internes sur la gouvernance, certes légitimes, mais insuffisants pour justifier la normalisation d’une agression externe.
Le Chef de l’État, dans son dernier discours devant le corps diplomatique à Kinshasa, a rappelé que le dialogue national doit rester interne et exclure les auteurs de crimes contre les populations, condition sine qua non pour que la réconciliation soit réelle et durable.
Soutenir la souveraineté avant tout est aujourd’hui un impératif : la justice pour les victimes, la clarification des responsabilités et la défense du territoire sont les piliers d’une paix authentique. Toute approche qui banalise l’agression ou légitime les acteurs armés collaborant avec une puissance étrangère est non seulement un déni de l’histoire, mais un obstacle à la stabilité du pays.
La RDC mérite que la communauté intellectuelle, religieuse et politique agisse avec lucidité et responsabilité, sans se retrancher derrière des débats sémantiques ou la complexité médiatique contemporaine. Les faits sont têtus : la paix durable passe par la reconnaissance de la souveraineté et la justice pour les victimes, et non par le blanchiment politique des agresseurs.
Bazil Palambwa, analyste politique

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