
Soyons clairs : le deal entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a terni l’image de toute une nation. Ce compromis n’était pas un simple accord politique, c’était une trahison du peuple congolais. Si Tshisekedi avait refusé ce deal, la pression populaire aurait pris le dessus, et le système corrompu aurait fini par tomber. Mais en acceptant de cohabiter avec les architectes de l’impunité, il a placé tout un peuple à genoux.
Aujourd’hui, nous assistons à une situation qui dépasse l’entendement : dans quel pays digne de ce nom peut-on oser menacer de publier la nudité d’un chef de l’État ? Où a-t-on déjà vu les audios de l’épouse d’un président exposant l’intimité de son foyer circuler librement sur les réseaux sociaux ? Dans quel État sérieux voit-on les photos ou vidéos intimes de pasteurs, hommes de Dieu, ou figures publiques circuler avec autant de légèreté ?
Ce qui se passe est plus qu’alarmant : c’est la démonstration tragique de notre perte de repères. Un peuple dont les leaders sont exposés de manière aussi indécente est un peuple pris en otage, victime non seulement de ses dirigeants, mais aussi de ses propres dérives.
À toi qui veux devenir leader, sache que ton corps, ta conduite et tes choix ne t’appartiennent plus. Quand tu deviens figure publique, tes erreurs deviennent des armes contre toute une nation. Une seule faille morale peut être utilisée pour manipuler, affaiblir et menacer des millions de citoyens.
Et que dire de notre société en général ? Aujourd’hui, l’image du Congolais dans le monde est celle d’un peuple obsédé par le plaisir sexuel. Il suffit de faire un tour sur nos réseaux sociaux, de regarder nos pièces de théâtre, d’écouter nos chansons ou d’analyser nos danses : la décadence morale saute aux yeux.
Et nous osons encore accuser l’Occident de notre souffrance ? Chaque peuple récolte ce qu’il sème. Tant que nous ne deviendrons pas conscients de notre égoïsme, de notre irresponsabilité collective, tant que nous n’œuvrerons pas pour le bien de l’avenir, nous continuerons de sombrer.
Nous avons transformé la religion chrétienne, qui devait être un socle de transformation et de moralité, en instrument de manipulation, de spectacle et parfois même de perversion.
Tant que cela perdurera, ce pays ne vivra que dans les livres d’histoire. La réalité sera la désintégration. La dislocation.
Il est temps de se réveiller. Il est temps de restaurer l’honneur, la dignité et la responsabilité dans nos familles, nos églises, nos institutions et nos vies privées.
Le respect d’une nation commence par le respect de soi.
Enoch Ebadu, chantre et activiste

Soyez le premier à commenter