Le spectre des « voitures de la mort » plane à nouveau sur la ville-province de Kinshasa où le mercredi 25 mars 2026, Mme Charmante Matondo, mariée et mère de famille a été la cible d’un kidnapping brutal entre les communes de Kalamu et Gombe.
Un récit glaçant, comme tous les autres d’ailleurs, qui vient briser l’accalmie sécuritaire observée ces derniers temps à travers « le piège de la Jeep TXL noire »
« C’était aux environs de 9 heures du matin, après une consultation médicale à Yolo-Nord, dans la commune de Kalamu, et je me dirigeais vers mon lieu de travail situé à Gombe. Lorsque j’attendais un taxi, une Jeep de marque TXL de couleur noire, vitres teintées, s’immobilise devant moi et j’y ai pris place« , a expliqué la victime.
Selon son récit, à bord, trois passagers : une jeune femme et deux hommes. Apparemment courtois, qui lui proposent de l’embarquer, affirmant se rendre également « en ville ». Confiante face à la présence d’une femme à bord, la victime a accepté l’offre mieux, le service, garde baissée.
« Arrivés aux environs de Ndolo, j’ai remarqué que le conducteur remontait les vitres teintées. Soudain, l’une des trois personnes trouvées à bord a sorti une arme, qu’elle a braquée vers moi. Elle m’a dit de coopérer sans bruit, sinon c’en était fini pour moi », à témoigné Charmante Matondo, encore sous le choc.
Durant de longues heures, la victime a subi un interrogatoire serré sur sa vie, la situation du pays et d’autres sujets encore ainsi que des menaces constantes. Ses ravisseurs l’ont dépouillé de tous ses effets personnels (téléphones, argent, documents).
Face à la violence psychologique, Mme Charmante raconte avoir senti son corps lâcher. « Ma tension est montée en flèche, j’avais le souffle coupé. J’étais totalement dépaysée », a-t-elle confié.
Après l’avoir interrogée sur sa vie personnelle et ses activités, les criminels ont, finalement, décidé de s’en débarrasser, non sans lui avoir lancé une menace terrifiante : « Ce n’est que partie remise ».
Elle a finalement été abandonnée sur la route des Poids Lourds, au niveau de la 1ère rue/ Funa, errante et traumatisée. La victime a dit n’a pas pu identifier ses agresseurs parmi ses connaissances. Elle se pose, par ailleurs, la question sur le mobile de cet enlèvement qui semble l’avoir ciblé particulièrement, par des questions qui lui ont été posées et la promesse menaçante lui faite à la fin cette « opération« . Cette dernière lui avait donné l’impression que ses ravisseurs étaient sûrs d’eux quant à la possibilité de la retrouver.
Le retour de la psychose à Kinshasa
Ce cas d’enlèvement intervient après plusieurs jours d’accalmie observée suite à un procès public organisé, après l’arrestation par les services de sécurité d’un groupe de malfrats dont la grande majorité était spécialisée dans le kidnapping, à bord des véhicules privés ou taxis, à Kinshasa.
Pour rappel, en juillet 2023, un procès public historique avait conduit à la condamnation d’une trentaine de malfaiteurs spécialisés dans le kidnapping, le vol qualifié et l’extorsion.
Aujourd’hui, la population kinoise craint une résurgence de ces réseaux criminels organisés. Le mode opératoire (utilisation de véhicules de luxe, complicité féminine à bord) semble s’être affiné pour tromper la vigilance des citoyens.
C’est ici que les services sont appelés à redoubler de vigilance pour mettre hors d’état de nuire ces bandes organisées.
LDM

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