Exploitation ougandaise du pétrole dans le Lac Albert : le Gouvernement congolais appelé à prendre des mesures pour protéger la population

Me Willy Elua et M. Dieudonné Kasonia, devant la presse.
Me Willy Elua et M. Dieudonné Kasonia, devant la presse.

Dans une conférence de presse tenue le mercredi 25 mars 2026 dans la salle Compris de Silikin village, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, le Cadre de concertation sur les ressources naturelles CdC/RN) à exhorté le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à adopter une politique nationale et/ou régionale pour protéger des ressources halieutiques du lac Albert face à l’exploitation pétrolière du coté de l’Ouganda.

D’une manière spécifique, la CdC/RN, qui est membre de la plate forme « Notre terre sans pétrole » a recommandé au gouvernement congolais, de réaliser des études environnementales pour l’exploitation pétrolière dans le lac Albert et la rivière Semliki, dans l’Est du pays.

« Le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN), l’une des organisations de la coalition Notre terre sans pétrole, a adressé cette semaine une série de demandes aux autorités congolaises et au gouvernement et à mettre en œuvre les mesures suivantes : La réalisation d’un état des lieux environnemental et halieutique sur la rive congolaise du lac Albert et de la rivière Semliki« , à indiqué Dieudonné Kasonga, secrétaire permanent du CdC/RN.

Cette coalition d’organisations de la Société civile à également relevé « l’exigence d’une évaluation environnement stratégique transfrontalière avec l’Ouganda ; l’inclusion effective des communautés locales dans les processus décisionnels; la création d’un comité de concertation multi-acteurs et permanent entre la RDC et l’Ouganda; la mise en place d’un système de surveillance environnementale indépendant; la création d’un fonds d’indemnisation pour les pêcheurs congolais et les autres communautés locales congolaises affectées; ainsi que l’inscription de cette question dans les instances bilatérales, régionales (EAC, CIRGL, UA)« .

Une opposition locale aux projets pétroliers transfrontaliers

Cet appel du CdC/RN s’est basé sur une enquête menée par cette coalition d’ONG dans la province de l’Ituri, qui a révélé une forte opposition locale aux projets pétroliers transfrontaliers faute de consultation et de garanties environnementales.

« Une enquête menée auprès de 1 141 personnes vivant sur la rive congolaise du lac Albert et de la rivière Semliki révèle qu’une majorité des communautés locales s’oppose aux activités pétrolières menées par l’Ouganda à proximité de la frontière« ,  ont indiqué Mè Willy Elua, chargé de monitoring à Action pour la promotion et la protection des peuples menacés (APEM) et Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent du CdC/RN, relayant la voie de cette constellation d’ONG.

Selon CdC/RN, les raisons qui sous-tendent cette opposition de la population sont notamment  l’absence de consultation; les risques environnementaux et la crainte d’un impact direct sur leurs moyens de subsistance.

« Réalisée par le CdC/RN, cette enquête montre que 60% des populations interrogées expriment des craintes majeurs liés à la pollution, la destruction des écosystèmes et l’effondrement de leurs moyens de subsistance qui dépendent de la pêche et des ressources naturelles« , à fait savoir cette plateforme d’ONG.

« Les projets d’exploitation des hydrocarbures menée par l’Ouganda notamment Tilenga, Kingfisher et l’oléoduc EACOP, se développent à proximité immédiate du territoire congolais, sans qu’aucune consultation transfrontalière formelle ni évaluation environnementale conjointe n’ait été mené à ce jour. Alors que la RDC se positionne comme +pays solution+ dans la lutte contre le changement climatique, ces activités pétrolières menées unilatéralement exposent la partie congolaise à des impacts environnementaux, sanitaires et économiques majeurs« ,  a fait savoir cette structure.

Et, Dieudonné Kasonia de rappeller: « plus de 50 000 pêcheurs dépendent directement des ressources halieutiques du lac Albert« . De plus, a-t-il affirmé, ces eaux sont interconnectées avec le bassin du Nil, le lac Edouard et, toute cette zone forme une ceinture écologique vitale autour du parc national des Virunga.

« La rivière Semliki, quant à elle, constitue l’une des sources principales du Nil blanc, nécessaire pour éviter que les Soudan, l’Egypte, l’Ethiopie, la Somalie se transforment en désert…« , a-t-il insisté.

Mais, au-delà de ces impacts locaux, le CdC/RN à également rappellé que ces activités et l’absence de concertation exposent la RDC à des violations du droit international, et notamment du principe de prévention, de la convention d’Espoo et de la Charte de la Communauté d’Afrique de l’Est.

« La population riveraine, comme le démontre cette enquête, affirme clairement son opposition formelle à toute activité pétrolière menée sans garanties pour leurs droits et l’environnement. Une action en justice a d’ailleurs été introduite devant la Cour de justice de l’Afrique de l’Est (EACJ) par des membres des communautés locales affectées‘, à fait savoir RdC/RN.

« Le gouvernement congolais ne peut rester passif face à des projets qui affectent directement son territoire et ses populations. Il est urgent d’agir pour protéger les droits des communautés et l’intégrité de nos écosystèmes. Le CdC/RN appelle ainsi les autorités à accompagner la procédure judiciaire en cours par une action diplomatique et étatique d’envergure, afin de protéger efficacement les communautés congolaises et leur patrimoine naturel commun« , a insisté le secrétaire permanent du CdC/RN.

LDM

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