
Kinshasa, un carrefour vibrant de culture et de savoir, a récemment accueilli une délégation du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de France, conduite par un historien-archiviste, un photographe et un libraire. Leur hôte, le professeur Bob Bobutaka Bateko Botako Babo, éminent spécialiste de l’archivologie et de la mémoirologie, a su transformer cette rencontre en un véritable laboratoire d’idées.
Cette collaboration, qui pourrait sembler anecdotique, soulève des questions cruciales sur la préservation de la mémoire collective et l’avenir de la recherche scientifique en RDC. Les discussions ont rapidement embrassé des thématiques variées, allant de la valorisation des archives congolaises à l’impact de l’audiovisuel dans la diffusion des connaissances.
Le professeur Bobutaka a partagé sa vision sur l’importance de l’archivologie, non seulement comme discipline académique, mais comme un vecteur de réconciliation et de compréhension. En effet, les archives congolaises, souvent négligées, regorgent de récits qui témoignent de la richesse de l’histoire locale et de la complexité des interactions sociales.
L’historien-archiviste de la délégation a relevé l’urgence de préserver ces documents, alors que le pays fait face à des défis majeurs de gouvernance et de conservation. Les photographies, souvent oubliées dans des tiroirs ou des fonds perdus, ont également été mises en avant comme des témoins visuels essentiels de l’identité nationale.
Dans ce contexte, le rôle du libraire a été tout aussi crucial, soulignant l’importance de la diffusion de la connaissance à travers la publication et la circulation des livres. La RDC, malgré ses richesses naturelles et son potentiel intellectuel, souffre d’un manque de ressources et d’infrastructures adéquates pour soutenir la recherche.
La rencontre avec la délégation française a mis en lumière le besoin urgent d’un partenariat international solide, capable de transcender les frontières et de bâtir des ponts entre les chercheurs congolais et leurs homologues étrangers. Le professeur Bobutaka a plaidé pour une approche collaborative, où chaque acteur, qu’il soit local ou étranger, puisse contribuer à la valorisation des savoirs.
Cette vision iconoclaste, où la science et la culture se rejoignent, pourrait bien être la clé pour redynamiser la recherche en RDC. En favorisant un dialogue interculturel, la science ne sera plus perçue comme une simple importation, mais comme un processus co-construit, ancré dans la réalité congolaise. Que vive la science, et qu’elle s’épanouisse au-delà des frontières, dans un esprit d’échange et de respect mutuel.
La rencontre entre le professeur Bob Bobutaka et la délégation du CNRS constitue une étape significative vers une redéfinition des relations entre la RDC et la communauté scientifique internationale. En célébrant la diversité des savoirs et en promouvant une approche inclusive, cette collaboration pourrait bien ouvrir la voie à de nouvelles perspectives pour la recherche et la préservation du patrimoine en RDC.
Teddy Mfitu, Polymathe, chercheur et écrivain/Consultant senior cabinet CICPAR

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