
La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présenté, vendredi 3 avril 2026, à la réunion du Conseil des ministres, l’état d’avancement de l’assainissement du fichier de paie du sous-secteur éducatif. Elle a également fait le point sur les mesures mises en place pour sécuriser le paiement de la prime de gratuité.
Lancé en janvier 2026, ce processus interne de vérification et de redressement concerne le fichier de paie élaboré par la Direction Nationale de Contrôle, de la Préparation de la Paie et de la Maîtrise des Effectifs des Enseignants ( DINACOPE). Il fait suite à plusieurs signaux concordants révélant des irrégularités d’ordre administratif, technique et financier, susceptibles d’affecter la fiabilité du fichier ainsi que la régularité des imputations salariales.
La ministre d’État Raïssa Malu a précisé que cette démarche ne se substitue pas à l’audit gouvernemental en cours, mais constitue plutôt un premier niveau de fiabilisation sectorielle dans un domaine sensible, tant sur le plan budgétaire que social.
Au mois de mars 2026, le fichier de paie recensait 700 249 agents rémunérés, dont 624 081 enseignants. Parmi ces derniers, 11 697 relèvent du niveau maternel, 378 017 du primaire et 234 367 du secondaire. À ces effectifs s’ajoutent 7 168 agents administratifs.
Concernant les irrégularités constatées, 32 732 enseignants du primaire avaient subi, en janvier 2026, des ponctions irrégulières sur la prime de gratuité. Des mesures correctives ont été prises dès février, permettant leur régularisation.
Toutefois, des anomalies persistantes ont été relevées en mars 2026. Ainsi, 788 enseignants du primaire n’avaient toujours pas perçu leur prime de gratuité, tandis que 33 938 autres restaient sous-payés.
Par ailleurs, des cas de paiements hors cible ont été identifiés. Il s’agit notamment de 470 enseignants du maternel et du secondaire ayant indûment bénéficié de la prime de gratuité, ainsi que de 148 agents administratifs irrégulièrement pris en charge sur des lignes budgétaires à vocation sociale.
Face à ces dysfonctionnements, plusieurs mesures conservatoires, administratives et disciplinaires ont été prises afin de sécuriser le traitement du fichier, mettre fin aux pratiques non conformes et renforcer la chaîne de responsabilité. L’objectif est de préserver la portée sociale de la gratuité de l’enseignement primaire et garantir la sincérité de la dépense publique.
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