Kinshasa : Où sont enterrés nos martyrs du 4 janvier 1959 et qui étaient-ils ?

Il y a 65 ans, jour pour jour, que le Congo-Belge a connu la révolte du peuple Kongolais, le 4 janvier 1959. C’est cette révolte autrement appelée révolution qui a chamboulé le plan colonial du gouvernement belge qui sera contraint d’octroyer l’indépendance aux Kongolais, le 30 juin 1960.Il est certes bon de commémorer ce grand jour de la fête de nos martyrs dits de l’Indépendance du 4 janvier 1959. Néanmoins, nous devons nous interroger sur qu’avons-nous fait pour pérenniser la mémoire de ces martyrs ? Avons-nous oublié ceux qui sont morts pour que la RD-Congo puisse accéder son indépendance ?

Quand le calme revient le 7 janvier 1959, Léopoldville (l’actuelle Kinshasa) est ensanglantée et stupéfaite. En quatre jours, presqu’un siècle de domination vient de se fracturer et de s’écrouler comme un château de cartes. On relève au moins 300 morts, tous Noirs. Les blessés sont innombrables. Les colons blancs ont été houspillés, brutalisés, pillés… Ils vont commencer à quitter le Congo-Belge. C’est le début d’une accélération brutale vers l’indépendance que la Belgique avait refusée de voir venir. D’après nos investigations, les martyrs du 4 janvier 1959 seraient enterrés au cimetière de Dendale (actuellement Kasa-Vubu) dans une fosse commune entourée par des chaînes avec une pancarte où était gravé : « Ici sont enterrés les voleurs! ». Il faut retenir que la révolution du 4 Janvier 1959 était devenue une émeute, et avec l’émeute tout peut arriver: pillage, destruction méchante, etc… Cependant cela ne permet pas de mettre toutes les victimes dans le lot des 40 voleurs ! C’est un mépris grave et une méprise dangereuse, car c’est cracher sur la mémoire des martyrs qui ont donné de leur vie pour accélérer les leviers de l’indépendance !

Je me suis toujours interrogé si et seulement si les archives nationales du Congo qui dépendent du ministère de culture, arts et patrimoines gardent encore une traçabilité de ces événements historiques ? Si tel n’est pas le cas, j’ose croire qu’une collaboration avec Les archives du musée royal de l’Afrique centrale Tervuren de la Belgique, la RDC peut récupérer beaucoup de documents coloniaux, qui sont actuellement utiles pour la réécriture de notre histoire.

Ce qui est grave, c’est que dans toute la république on n’a aucune image représentant nos morts martyrs du 4 janvier 1959. Donc, il est inadmissible et inacceptable d’effacer sciemment une page de l’histoire contemporaine de notre pays .

Or ça fait des années que j’interviens chaque 4 Janvier pour interpeller le gouvernement Kongolais à fêter autrement ce grand jour qui déclencha la marche vers la conquête de l’indépendance du Kongo. Malheureusement mes nombreuses tribunes n’ont produit aucun effet jusque-là.

Aujourd’hui l’honneur m’échéant de reparler de cette date commémorative de notre nation, je profite encore pour demander solennellement aux autorités compétentes de notre cher pays, de prendre en considération mes suggestions, qui sont les suivantes :

  • Acheter le bâtiment historique de l’YMCA (comme on a fait avec la maison de Papa Wemba);
  • ⁠Construire une stèle et un monument (comme on l’a fait avec Papa Wemba) pour les Martyrs du 4 janvier où leurs noms seront inscrits pour les générations futures ;
  • ⁠Récupérer la portion de terre dans l’ex-cimetière de Kasa-Vubu (qui est devenu un nouveau lotissement) où ont été enterrés les martyrs du 4 janvier 1959 ;
  • ⁠Faire une proposition de loi pour octroyer des sièges permanents au parlement national et au sénat pour les membres de l’ABAKO = Alliance des Bakongo (Association des Bakongo pour l’unification, la conservation et l’expansion de la langue Kikongo) qui est devenue le parti politique Alliance des Bâtisseurs du Kongo aujourd’hui ;
  • ⁠La reconnaissance par des distinctions honorifiques aux deux équipes de football : Vita Cluv et Mikado (On peut retrouver les identités de ces joueurs de foot qui ont disputé ce match historique de ce dimanche 4 janvier 1959 avec le score de 1-3 en faveur de Mikado, je parle de ceux qui sont encore vivants ou leurs enfants) au stade roi Baudouin (aujourd’hui Tata Raphaël) à Léopoldville (Kinshasa) qui est un centre des sports des spectateurs au Congo-Belge avec une capacité d’environ 70000 places.

J’ose croire que cette fois-ci les autorités compétentes de la RD-CONGO vont se saisir de cette opportunité pour commémorer autrement nos martyrs de l’indépendance de notre cher et beau Pays.

Je suis fier d’être le petit-fils de l’argentier de l’ABAKO et président de Vita Club pendant ces événements, je cite: Mbuta Mingiedi Mbala N’zeteke d’heureuse mémoire, qui était l’un des héros dans l’ombre du 4 janvier 1959 et qui avait l’habitude de commémorer cette date historique chaque année avec ses petits-enfants, car il était recherché aussi par Le service de sûreté belge. Il était allé se cacher à SONGOLOLO.

Avec l’acquisition de l’YMCA, le gouvernement de la RDC va faire de cet endroit un lieu touristique qui sera bénéfique pour le gouvernement et va pérenniser la mémoire des martyrs du 4 Janvier 1959.

À mon humble avis, avec modestie, je pense que c’est la noble façon de consolider les acquis de notre indépendance.

Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé (Activiste, Penseur et Notable de Madimba)

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